Buster Keaton

Le coureur échevelé

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Seven Chances de Buster Keaton, USA 1925, production Buster Keaton Comedies
Domaine Public

Le personnage de Buster Keaton est un archétype de l’Hirsute.

1. Le désir qui l’anime transparaît clairement dans l’énergie traversant le personnage, et lui permettant de grimper n’importe où, de retomber violemment sans se faire mal, de courir à une vitesse affolante sans jamais s’épuiser, etc Il n’est exprimé que par le mouvement du personnage, jamais par les expressions du visage qui reste de marbre. On remarquera d’ailleurs que Keaton n’est jamais immobile — même lorsqu’il doit patienter — car sa présence à l’écran n’aurait alors aucune raison d’être, la narration n’évolue qu’avec le personnage. Il est le générateur perpétuel des situations auquel il est confronté.

2. L’objectif a atteindre est toujours clairement défini dès la scène d’introduction. Les intrigues sont généralement assez simples, afin de pouvoir être expliquée sans l’aide de dialogues et de laisser le plus rapidement place à l’action. C’est le propre des films touchant un large public. La facilité avec laquelle on peut suivre l’histoire assure ainsi son intemporalité, l’absence de son permettant quand à elle une relative universalité.

3. L’Hyperactivité hypoefficace apparaît ici clairement. Le ressort comique tient à la linéarité forcenée du personnage. Le personnage de Keaton n’envisage le plus court chemin qu’en termes de distances — et ce uniquement que dans le cadre du contexte diégétique (de ce que nous voyons à l’écran) — et non pas de possibilité concrète d’accomplissement de l’objectif. Par exemple, le plus court chemin linéairement géographique peut passer par un ravin; ce n’est pourtant pas la route que nous emprunterons car elle impliquerait de descendre en rappel puis de remonter une paroi abrupte, ce qui serait à la fois dangereux et bien plus long que de contourner l’obstacle et de trouver une déviation.

Or de toutes ces considérations terre-à-terre, Keaton n’en a que faire. Lui, décide de sauter par dessus le gouffre —  quitte à se tuer — afin d’arriver à temps pour son mariage. Ceci implique bien entendu une énergie hors du commun, qui correspond à celle que son désir lui communique. Ce refus de la demi-mesure pourrait traduire une certaine ingénuité dans le jugement de la valeur des forces mises en jeu. L’amour vaut-il la peine de risquer de se tuer ? À chacun d’évaluer ce problème selon ses moyens. Dans le cas de Keaton, l’importance qu’il donne à l’affection ou à la violence qu’on lui porte est à la mesure de ce qu’il risque pour la rendre ou la combattre.

Edgard

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